Réponse courte : en juillet 2026, le Dossier santé du Québec (DSQ) transmet cinq domaines cliniques entre professionnels autorisés (médicament, laboratoire, imagerie, immunisation, allergies) plus le sommaire d’hospitalisation. Le Dossier santé numérique (DSN), son successeur, est en service depuis le 9 mai 2026 dans deux régions vitrines seulement. Ni l’un ni l’autre ne route les demandes de consultation, les notes cliniques narratives, les formulaires signés destinés à un tiers, ni les transferts de dossier hors Québec. Dans tous ces cas, la télécopie reste le canal de repli, y compris pour la RAMQ, le CRDS, la SAAQ et la CNESST.
Ce que le DSQ transmet aujourd’hui
Le DSQ, opéré par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), est un dépôt interopérable. Il centralise, pour qu’un professionnel autorisé consulte les données au chevet du patient, six ensembles de renseignements :
- Domaine médicament : ordonnances retirées en pharmacie communautaire, y compris l’oncologie externe.
- Domaine laboratoire : résultats publics d’analyses.
- Domaine imagerie médicale : rapports et résultats des examens réalisés dans le réseau public.
- Domaine immunisation : vaccins administrés dans le réseau public, en pharmacie ou en clinique participante.
- Allergies et intolérances saisies par un médecin ou un pharmacien.
- Sommaire d’hospitalisation et registre des directives médicales anticipées.
Ce que le DSQ ne contient pas est aussi important que ce qu’il contient. Il ne route pas les notes cliniques du médecin. Ni les diagnostics narratifs complets. Ni les comptes rendus opératoires détaillés. Ni les demandes de consultation. Ni les sommaires de soins rédigés en toutes lettres. Ces documents restent dans le dossier médical électronique (DMÉ) de la clinique qui les a produits. Il faut un canal séparé pour les transmettre à une autre clinique ou à un cabinet de spécialiste.
Le Dossier santé numérique : où en est le déploiement en juillet 2026
Le Dossier santé numérique est la génération suivante, bâtie sur la plateforme Epic. Il est mis en service depuis le 9 mai 2026 dans deux régions vitrines : le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal (NIM) et le CIUSSS de la Mauricie–Centre-du-Québec (MCQ). Le déploiement s’est fait en deux temps : une bascule partielle le 29 novembre 2025, puis la complétion le 9 mai 2026.
À l’échelle provinciale, le calendrier n’est pas encore public. Santé Québec parle d’un déploiement graduel « annoncé au printemps » sans dates fermes, et la période de stabilisation dans les deux régions vitrines se poursuit. Radio-Canada rapporte que le rythme des soins a ralenti jusqu’à 50 % pendant la bascule, ce qui pèse sur le calendrier des CIUSSS suivants.
Autrement dit : en juillet 2026, la vaste majorité des cliniques québécoises travaille encore avec le DSQ et son DMÉ local, pas avec le DSN. La question opérationnelle du jour n’est pas « DSN ou télécopieur ». C’est « DSQ, DMÉ local ou télécopieur ». La télécopie continue de combler les cas où les deux premiers ne suffisent pas.
Ce que ni le DSQ ni le DSN ne routent
Trois familles de situations tombent hors couverture, autant sous le DSQ actuel que sous le DSN dans son état de déploiement de juillet 2026.
1. Les demandes de consultation et les références inter-cliniques
Une demande de consultation vers un spécialiste ne circule pas par le DSQ. Elle passe par le Centre de répartition des demandes de service (CRDS) régional pour la plupart des spécialités adultes non urgentes. Les cas hors CRDS partent directement par télécopie au cabinet du spécialiste. Depuis le 31 mars 2024, le formulaire électronique via DMÉ et SAFIR est obligatoire. Le CRDS maintient toutefois un numéro de télécopieur de repli, le 1 844 661-3723, quand le DMÉ n’est pas disponible ou quand la clinique n’a pas encore migré.
2. Les cliniques et les professionnels hors DSQ
L’accès au DSQ est possible pour les cliniques privées, les dentistes, les sages-femmes, les physiothérapeutes, les hygiénistes dentaires et les psychologues, mais il n’est pas universel. L’adhésion se fait au cas par cas via le Gestionnaire d’accès autorisé (GAA) de la RAMQ. En pratique, un pourcentage important des cliniques privées et des professionnels de première ligne n’est pas branché. Quand la clinique de première ligne n’est pas au DSQ, la voie de communication reste la télécopie. Idem quand le pharmacien ne consulte pas le domaine médicament pour l’ordonnance visée.
3. Les échanges hors Québec et les formulaires signés destinés à un tiers
Le DSQ ne se connecte à aucun système canadien voisin : ni ClinicalConnect en Ontario, ni les dépôts du Nouveau-Brunswick, ni l’Ontario Laboratory Information System. Un patient qui arrive au Québec depuis une autre province voit ses documents circuler en dossier papier ou par télécopie. Idem pour un rappel de résultats reçu depuis une clinique hors Québec.
Même chose pour les formulaires signés destinés à un tiers. La SAAQ accueille les rapports médicaux par télécopie au 1 866 289-7952. La CNESST accepte ses formulaires normalisés par le même canal. Les assureurs privés exigent presque toujours un formulaire signé transmis par télécopie. Les avocats qui demandent un rapport médical dans le cadre d’un dossier civil suivent la même voie. Aucun de ces flux ne passe par le DSQ ou le DSN.
Les points de rupture concrets en 2026
Trois événements récents ont concrètement remis la télécopie au centre du réseau québécois.
La fermeture de PrescripTIon. Le 29 mai 2026, à 23 h 59 HE, Inforoute Santé du Canada a fermé la plateforme d’ordonnance électronique PrescripTIon au Québec. Ottawa a ensuite accordé une prolongation de trois mois jusqu’en août 2026, sous pression du ministère de la Santé et des Services sociaux. La trajectoire est claire : les pharmacies et les cliniques qui utilisaient PrescripTIon reviennent au télécopieur pour la transmission des ordonnances.
La transition DSN en régions vitrines. Pendant que le CIUSSS NIM et le CIUSSS MCQ stabilisent leur nouveau DSN, les échanges entre ces régions et le reste du Québec passent temporairement par des chemins secondaires. Les cabinets de spécialistes situés à l’extérieur de ces deux CIUSSS voient les demandes de consultation arriver plus souvent par télécopieur que par voie numérique, le temps que les interconnexions se stabilisent.
La persistance du papier. L’Association des gestionnaires informatiques du secteur de la santé du Québec (AGISQ) estime qu’en 2026, environ 80 % des communications en santé passent encore sur papier ou par télécopie. Le chiffre englobe autant les formulaires internes que les échanges entre cliniques, laboratoires privés et cabinets professionnels.
Loi 5, Loi 25 et transmission par télécopieur
La Loi concernant le partage de certains renseignements de santé et de services sociaux (Loi 5, référencée R-22.1 dans le Recueil des lois du Québec) encadre depuis 2024 la transmission des renseignements de santé entre organismes. Elle s’applique à tout canal, incluant la télécopie, et impose au responsable de la clinique d’atténuer les risques d’envoi au mauvais destinataire, ainsi que de signaler les incidents de confidentialité. La Loi 25 reste applicable au secteur privé pour les renseignements personnels au sens large.
En pratique, un envoi par télécopieur reste conforme s’il respecte trois conditions :
- Le numéro du destinataire est vérifié auprès d’une source officielle (site du cabinet, fiche du CIUSSS, formulaire régional du CRDS) avant l’envoi.
- La transmission est chiffrée de bout en bout et l’accusé de réception PDF horodaté est conservé au dossier du patient.
- Aucune copie du document n’est laissée sur un serveur intermédiaire une fois la transmission confirmée.
Ces trois conditions sont ce qui distingue un service de télécopie en ligne conforme au Québec d’un envoi improvisé depuis un poste physique en fin de vie.
Envoyer un dossier médical par télécopieur, sans télécopieur à la maison
Une clinique qui remplace son télécopieur physique peut passer par un service de télécopie en ligne. Idem pour un patient qui transmet un document médical à une clinique hors DSQ. La marche à suivre :
Étape 1 : téléversez le document en PDF, JPG ou Word depuis votre ordinateur ou votre téléphone. Un scan lisible fait à l’appareil photo est accepté par la plupart des cabinets.
Étape 2 : saisissez le numéro de télécopieur du destinataire, indicatif régional inclus. Vérifiez le numéro sur le site officiel du cabinet, du CRDS régional, du CIUSSS ou de la SAAQ. Les résultats de recherche listent parfois un ancien numéro.
Étape 3 : envoyez, puis conservez l’accusé de réception PDF horodaté. Il fait foi de la date de transmission, ce qui compte autant pour la priorité clinique côté CRDS que pour un dossier d’assurance ou un dossier CNESST.
Pour une clinique qui envoie trois ou quatre demandes par semaine, ou pour un patient qui transmet un formulaire signé une fois par mois, la télécopie à la page coûte moins qu’un forfait mensuel. PayPerFax facture $2 pour les 3 premières pages, puis $0.75 par page supplémentaire. Aucun frais si la transmission n’aboutit pas.
Envoyer une télécopie maintenant
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