Le fax en ligne est-il chiffré ?

En partie. Le trajet de votre navigateur jusqu’au prestataire est chiffré en TLS, et le stockage chez le prestataire est chiffré au repos en AES-256. Ce qui ne l’est pas, c’est la dernière liaison : la ligne téléphonique entre le prestataire et le télécopieur destinataire. Techniquement, aucun service de fax ne peut chiffrer cette liaison, et la raison tient au protocole fax lui-même, pas au réseau téléphonique.

Pour un lecteur français, cette précision suffit rarement. La vraie question s’écrit autrement : est-ce que ce fax en ligne satisfait le RGPD, le secret professionnel et les recommandations de la CNIL sur la transmission de données personnelles ? La CNIL considère depuis longtemps que les canaux non chiffrés supposent des mesures compensatoires au sens de l’article 32 du RGPD, et que le fax standard n’est pas le canal de choix pour les données de santé ou pour les données sensibles au sens de l’article 9. Pour un cabinet, un médecin, un notaire ou une étude, la formulation utile n’est donc pas « le fax en ligne est-il chiffré », mais : qu’est-ce qui l’est vraiment sur le trajet, où subsiste la lacune, et à quel moment cette lacune devient incompatible avec vos obligations. Le reste de cette page reprend ces points dans l’ordre.

Ce qui est chiffré dans un fax en ligne

Pour un fax envoyé via PayPerFax, trois étapes se déroulent sous notre contrôle avant la ligne téléphonique finale, et chacune est chiffrée.

L’envoi passe par TLS. Votre navigateur transmet le document à nos serveurs via la même couche de transport chiffrée qu’utilise votre banque en ligne. Cela protège la remise entre votre appareil et nos systèmes contre toute interception réseau.

Le stockage est chiffré au repos en AES-256, avec des clés gérées par notre fournisseur de stockage. Cela couvre le document déposé, l’aperçu que nous générons et l’image transmise du fax.

Le trafic interne, celui qui circule entre nos systèmes et les services qui traitent des données pour notre compte, est lui aussi chiffré en transit.

La version faisant foi de ces trois affirmations, avec les détails techniques et organisationnels, se trouve dans la Déclaration de sécurité PayPerFax. Cette page en propose la lecture courante ; la Déclaration de sécurité en est la référence.

La seule portion qui n’est pas chiffrée

La dernière liaison est la transmission par ligne téléphonique, depuis le porteur fax auquel nous confions votre document jusqu’au télécopieur qui le reçoit. Ce segment n’est pas chiffré, et l’origine du problème est précise.

Les protocoles fax utilisés dans le monde, ITU-T Groupe 3 pour le fax standard et Groupe 4 pour le fax RNIS, ne négocient aucun chiffrement entre l’appareil émetteur et l’appareil récepteur. Un télécopieur standard n’ajoute rien de son côté. L’image circule donc en clair sur le réseau téléphonique commuté, non parce que celui-ci refuserait de transporter un contenu chiffré, mais parce que le protocole fax n’a jamais appris à parler chiffrement, et parce que le télécopieur récepteur n’aurait aucun moyen de déchiffrer si on lui envoyait autre chose. Cela vaut pour un fax envoyé depuis n’importe quel appareil physique comme depuis n’importe quel service en ligne. C’est une propriété du fax comme média, pas la faute d’un prestataire, et aucun service ne peut la corriger.

Ce que veulent dire les mentions « fax chiffré de bout en bout »

Si vous avez lu chez un concurrent la mention « fax chiffré de bout en bout » et que vous vous demandez si PayPerFax est en retard, la réponse honnête est non. Ces mentions couvrent presque toujours l’une des trois situations suivantes, et aucune n’est ce que la plupart des expéditeurs imaginent.

La plus courante est le fax-vers-e-mail avec TLS. Certains prestataires routent les fax entrants vers une boîte e-mail plutôt que vers un télécopieur. Quand les deux serveurs de messagerie parlent un TLS moderne, ce qui est aujourd’hui le cas de Gmail, Outlook, Free ou La Poste par défaut, la remise est bien chiffrée en transit. C’est réel et utile. Mais c’est un autre mode de remise, pas un « fax chiffré de bout en bout » au sens propre : la ligne téléphonique n’est pas chiffrée, elle est contournée.

La deuxième situation est le fax sur VoIP à l’intérieur d’un même réseau d’opérateur. Si l’expéditeur et le destinataire utilisent le même porteur fax VoIP, celui-ci peut chiffrer la liaison entre eux, parce qu’il contrôle les deux extrémités. Dès que le fax doit quitter ce porteur pour atteindre un numéro de fax standard, le chiffrement s’arrête et la portion classique non chiffrée reprend.

La troisième situation, le vrai fax chiffré de bout en bout entre deux numéros quelconques, n’est pas réalisable sur le réseau téléphonique public avec des télécopieurs standards. Le télécopieur récepteur n’a aucun moyen d’échanger de clés avec l’expéditeur. Toute mention de chiffrement de bout en bout sur le réseau téléphonique public est un raccourci pour l’une des deux situations précédentes, ou pour quelque chose d’encore plus étroit.

Rien de tout cela ne rend le fax en ligne dangereux. Cela indique simplement qu’une description honnête est plus précise qu’une étiquette « chiffré » ou « non chiffré ».

Quand cette lacune compte au regard du RGPD

Pour beaucoup d’expéditeurs, la portion téléphonique non chiffrée représente un risque plus faible qu’il n’y paraît. Écouter physiquement une ligne pour intercepter un fax précis suppose l’accès matériel à la ligne, la connaissance de la bonne ligne et le bon créneau. En comparaison des attaques automatisées qui frappent l’e-mail à grande échelle, c’est un scénario de menace rare.

Sur le terrain juridique, l’analyse est plus fine. Les données à caractère personnel relèvent du RGPD, et la CNIL rappelle régulièrement que les canaux non chiffrés supposent des mesures techniques et organisationnelles adéquates au sens de l’article 32. Pour des données personnelles ordinaires, le fax reste souvent un canal soutenable, à condition que les mesures de sécurité soient documentées et que la partie destinataire exige ce canal. Pour les données sensibles au sens de l’article 9 du RGPD, le fax standard n’est plus le canal de choix. Cette catégorie couvre les données de santé, les données biométriques, les données révélant l’origine, les opinions politiques, la vie sexuelle ou l’appartenance syndicale. La CNIL et l’Ordre des médecins orientent la profession de santé vers la messagerie sécurisée MSSanté. Pour un avocat tenu au secret professionnel, la ligne d’analyse ressemble à celle du notaire : le canal habituel pour les échanges avec les juridictions est le RPVA, et Télé@ctes est l’infrastructure des actes notariés ; le fax ne remplit pas les mêmes garanties d’authentification et de traçabilité.

Si vous entrez dans l’une de ces catégories, la réponse pratique n’est pas un standard de chiffrement particulier sur la dernière liaison. Il vous faut un prestataire fax qui signe un contrat de sous-traitance conforme à l’article 28 du RGPD, qui traite les données au sein de l’UE, et qui remplace la remise vers un télécopieur par une remise vers une boîte e-mail durcie que vous administrez ou par une intégration métier. PayPerFax est conçu pour l’envoi ponctuel et ne propose pas par défaut de contrat de sous-traitance ; nous le disons ouvertement pour que vous choisissiez le canal adapté à votre cadre légal.

Pour tout le reste, comme le contrat ponctuel, l’autorisation de prélèvement, l’échéancier à un bailleur ou le document signé qu’un service exige pour le lendemain, la vraie question de sécurité n’est pas de savoir si la ligne téléphonique est chiffrée. C’est de savoir si le service qui manipule votre document est un service à qui vous confieriez ce document, et pour combien de temps.

Ce que la forme de PayPerFax protège, et ce qu’elle ne protège pas

La manière dont PayPerFax est construit a des conséquences directes sur cette question de confiance, et elles méritent d’être énoncées.

Il n’y a pas de compte. Ni identifiant, ni mot de passe, ni tableau de bord, donc rien à hameçonner et rien qui ressorte d’une fuite six mois plus tard. Vous ne constituez pas chez nous d’historique durable. Il n’y a pas non plus de conservation prolongée : les documents ne sont conservés que le temps de l’envoi, et ce qui subsiste pour la facturation et pour les obligations fiscales est le justificatif transactionnel, pas le document.

Ce qui peut être chiffré l’est. TLS à l’envoi, AES-256 au repos, trafic interne chiffré, et seul un nombre restreint d’administrateurs peut accéder au contenu des documents, pour les raisons opérationnelles listées dans la Déclaration de sécurité.

La ligne téléphonique de sortie n’est pas chiffrée, comme chez n’importe quel prestataire de fax sur des numéros standards. Aucun prestataire ne peut vous vendre le chiffrement de cette liaison précise, si bien que la comparaison honnête porte sur ce que devient votre document avant et après cette liaison, pas sur la liaison elle-même.

Pour les questions voisines : le fax est-il plus sécurisé que l’e-mail ? traite la comparaison directe.

La réponse courte, encore une fois

Le fax en ligne est-il chiffré ? L’envoi est chiffré, le stockage est chiffré, la ligne téléphonique vers le télécopieur destinataire ne l’est pas. Aucun prestataire ne peut chiffrer cette dernière portion. Pour de l’envoi personnel courant, correctement documenté au titre de l’article 32 du RGPD, le fax reste un canal soutenable. Pour les données sensibles au sens de l’article 9 ou pour les professions soumises au secret professionnel, il vous faut un prestataire disposant d’un contrat de sous-traitance article 28 et d’un mode de remise qui évite la ligne téléphonique finale. Pour tout ce qui se trouve entre les deux, l’étiquette « chiffré » compte moins que la question de savoir quel service tient votre document, et combien de temps.

Dernière vérification/mise à jour : 30 juillet 2026

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